Plusieurs mois après la G-CON 2025 qui se tenait à Busan, en Corée du Sud, le studio Clovers a finalement partagé l'échange entre son directeur, Hideki Kamiya, avec Yoko Taro, le créateur de NieR. Ensemble, ils ont pu revenir sur le projet qui occupe le studio japonais aujourd'hui, mais aussi parler de l'industrie du gaming dans le pays qui les accueillait alors. Bien que son nom n'ait pas été cité, difficile de ne pas penser à Crimson Desert en les entendant parler. Le Japon peut en tirer des leçons.

Crimson Desert, l'emblème du savoir-faire coréen en matière de jeux vidéo

En novembre 2025, la G-CON réunissait sur une même scène deux légendes du jeu vidéo japonais : Hideki Kamiya, vétéran de Capcom ayant contribué à Resident Evil, Devil May Cry, Viewtiful Joe et Ōkami, travaillant à présent sur la suite de ce dernier au sein de Clovers, et Yoko Taro, le créateur de NieR qui a récemment été annoncé comme scénariste de la nouvelle série Neon Genesis Evangelion. Leur échange tenu en Corée du Sud a été l'occasion de parler du secteur du gaming dans le pays. Des paroles qui résonnent encore plus fort après la sortie de Crimson Desert.

Après avoir parlé de leurs expériences, le panel s'est conclu avec cette question : quel message voudraient-ils partager avec les développeurs coréens ? Mais en fin de compte, leur réponse va vous étonner. Témoignage de leur humilité, elle démontre que ce serait plutôt eux qui auraient à apprendre de l'industrie en Corée du Sud que l'inverse aujourd'hui. On n'imagine alors aisément que Crimson Desert aurait été explicitement cité s'il était sorti au moment de la G-CON.

Hideki Kamiya et Yoko Tako à G-CON 2025.
© Clovers.

Les créateurs japonais impressionnés par le savoir-faire coréen

Le créateur de NieR n'y est pas allé par quatre chemins, ayant « l'impression que beaucoup de développeurs coréens ont une longueur d'avance sur le Japon en matière de technologie ». Quand on voit l'ampleur et toute la richesse de Crimson Desert, on se dit qu'il n'a pas tout à fait tort. Pearl Abyss a osé avec un titre solo et offline ce que beaucoup réservaient jusqu'alors aux jeux-service. Une audace plus que payante qui donne de vraies leçons au reste de l'industrie.

En revanche, les médias et le public se sont plutôt accordés à dire que le scénario de Crimson Desert n'était pas forcément son point fort. Alors, si YOKO avait bien un conseil à donner, ce n'était pas tant sur la technique que sur l'écriture. Il a invité les développeurs coréens à « prendre toute la colère et la frustration [qu'ils] ressent[ent] chaque jour en regardant les actualités et les réseaux sociaux pour alimenter les histoires [qu'ils] racont[ent]». Un point qui fait mouche quand on connaît la force narrative de la saga NieR.

Et Hideki Kamiya l'a d'ailleurs rejoint en grande partie. Pour lui, « la Corée est extrêmement avancée technologiquement ». Il a d'ailleurs souligné le nombre de productions de grande qualité produite en dehors du Japon, le pays qui a pourtant « toujours été à l'avant-garde historiquement en matière de jeux vidéo ». Et c'est justement ce qui le challenge pour ne pas se reposer sur ses lauriers. Et ce qu'il a décrit fait tout de suite penser à Crimson Desert :

Plus il y aura de créateurs coréens proposant des jeux originaux qui offrent des expériences ludiques uniques, plus la barre sera placée haut pour l'ensemble du secteur mondial du jeu vidéo.

Hideki Kamiya, au G-CON 2025.

Source : Transcription du panel de la G-CON 2025.